dimanche 8 février 2009

Madame Grès


Grès, Madame (1903-1993), couturière française, célèbre pour ses modèles de drapés aux lignes hiératiques et sculpturales.

Née à Paris, Germaine Krebs se destine d’abord à la sculpture. Elle commence dans la mode en réalisant des toiles (c’est-à-dire des prototypes de modèles de haute couture) pour les commissionnaires et pour les acheteurs. Passant à la création, elle s’associe, en 1933, avec Julie Barton, qui avait ouvert l’année précédente une maison de couture sous le nom d’Alix. Très vite, les modèles proposés (notamment des tenues de plage) réalisés dans des tissus comme le jersey de soie, le satin ciré et les tricotés de soie artificielle, retiennent l’attention de la clientèle. En 1941, Germaine Krebs ouvre sa propre maison sous le nom de Grès (nom d’artiste de son mari, le peintre Serge Czerefkow) 1, rue de la Paix, mais, dès sa première collection (comportant des modèles utilisant les couleurs du drapeau français), elle doit fermer sur ordre des Allemands et ne peut rouvrir que l’année suivante.

Son style révèle une parfaite maîtrise du drapé et du pli, et fait directement référence au péplum antique tout en l’interprétant. La coupe, souvent asymétrique, utilise les possibilités offertes par le jersey de soie, ou par le taffetas, commandés en grande largeur pour éviter la multiplication des coutures. Du modèle Temple du paradis (1936), à l’inspiration orientale, jusqu’à l’ample manteau Himalaya, présenté en 1958 au retour d’un voyage en Inde, madame Grès prouve qu’elle ne néglige pas d’autres sources d’inspirations, plus exotiques.

Elle dessine des costumes pour le théâtre, notamment pour la création de La guerre de Troie n’aura pas lieu, de Jean Giraudoux, en 1935, et habille à la scène plusieurs actrices, dont Maria Casarès et Delphine Seyrig. Elle lance des parfums (Cabochard en 1960, puis, en 1990, Cabotine) et présente sa première collection de prêt-à-porter en 1980. Figure familière du monde de la mode, coiffée de son éternel turban, elle est présidente de la Chambre syndicale de la couture parisienne (1972-1991). Au milieu des années quatre-vingt, elle vend sa maison au financier Bernard Tapie, qui la cède à son tour au groupe japonais Yagi Tsuho. Son décès, survenu en 1993, n’est rendu public qu’un an plus tard.

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