Le ministère de la Culture fête ses 50 ans sans faste mais non sans fierté;André Malraux "ministre d'Etat" en janvier 1959, l'écrivain André Malraux devra attendre juillet pour être officiellement "chargé des Affaires culturelles", mais un décret précisait dès le 3 février ses attributions.
La Rue de Valois, siège du ministère, a choisi de décliner ce jubilé avec des expositions à Paris (dont une, aux Bons-Enfants, composée de 50 photographies de l'AFP), des colloques, des manifestations en province...
La ministre de la Culture, Christine Albanel, a reçu mardi 65 étudiants des écoles d'enseignement supérieur de la culture (Ecole du Louvre, Femis, Conservatoire...), invités à déjeuner en compagnie de 15 artistes, tels les cinéastes Agnès Varda et Claude Miller.
"Le ministère est là et bien là, avec beaucoup de vivacité, c'est pour ça que j'ai invité des jeunes", a expliqué à l'AFP la ministre, "très fière et heureuse de fêter cet anniversaire".
Né avec la "mission de rendre accessibles les oeuvres capitales de l'humanité, et d'abord de la France, au plus grand nombre possible de Français", le ministère a donné une impulsion indéniable à la vie culturelle du pays : soutien à la création, conservation du patrimoine, sauvegarde de la diversité face au marché dans le domaine du cinéma et du livre...
Dans certains domaines, comme le spectacle vivant, l'Etat a fait naître des établissements formant un maillage du territoire impressionnant (maisons de la culture, centres dramatiques et chorégraphiques, scènes nationales...).
Mais l'empilement des subventions et les résultats incertains de la politique de "démocratisation culturelle" suscitent des interrogations. Ancien titulaire du poste (2002-2004), Jean-Jacques Aillagon jugeait récemment que la question de la suppression du ministère de la Culture pouvait "se poser" car "son action est devenue incompréhensible et perçue comme injuste".
Le 13 janvier, le président Nicolas Sarkozy affirmait son "attachement" à cette administration, mais lui adjoignait un Conseil pour la création artistique perçu par certains comme un "ministère de la Culture bis".
"Le ministère est fidèle à lui-même et en même temps il se modernise", a plaidé mardi Mme Albanel, soulignant que l'Etat n'est plus "prescripteur" mais "partenaire" des collectivités territoriales, désormais majoritaires dans le financement de la culture.
Pour le metteur en scène Stéphane Braunschweig, futur directeur du Théâtre national de la Colline, "le problème, c'est que les budgets, quand ils ne sont pas amputés, ne progressent pas. Le ministère gère donc l'existant alors qu'il devrait être porteur d'initiatives".
Le musicien Jean-François Zygel souhaite que "ce ministère qui a été avant tout un ministère de l'offre", se pose davantage "la question de la demande". "Il ne suffit pas que l'art existe, il faut un chemin vers l'art", dit-il.
La chorégraphe et directrice du Théâtre national de Chaillot Dominique Hervieu, membre du Conseil pour la création artistique, estime enfin qu'à l'étranger, "pour beaucoup d'artistes, le ministère français de la Culture est quelque chose vers lequel il faut tendre. Il est unique au monde".
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire